Jeune fille belge concentrée devant une construction technique, symbole de l'orientation vers les sciences et l'ingénierie
Publié le 12 avril 2024

Briser le plafond de verre commence par déconstruire le mythe que « les sciences, c’est pour les garçons ».

  • Les stéréotypes de genre créent un doute dès le plus jeune âge, même chez les filles les plus douées.
  • Le perfectionnisme et la peur de l’échec sont les principaux freins qui mènent à l’abandon au lycée.

Recommandation : Plutôt que des encouragements ponctuels, construisez un écosystème de soutien durable autour d’elle, avec des modèles féminins, des mentores et un dialogue constant valorisant l’effort et la résilience.

Vous le voyez, cet éclat dans ses yeux quand elle démonte un jouet pour comprendre comment il fonctionne, ou cette concentration intense quand elle résout un casse-tête complexe. Votre fille est curieuse, intelligente, et a un potentiel immense. Mais en tant que mère, enseignante ou simplement femme consciente des réalités, une inquiétude persiste : comment s’assurer que cette flamme ne sera pas éteinte par les vents contraires des stéréotypes de genre, particulièrement dans les domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STEM) ?

On nous conseille souvent d’acheter une boîte de chimie ou de l’inscrire à un stage de codage. Ces initiatives sont louables, mais elles restent souvent insuffisantes face à un problème plus profond. Les préjugés sont subtils, insidieux, et s’ancrent très tôt. Ils ne se combattent pas avec une seule action, mais avec une stratégie. Une stratégie qui vise non pas à la « pousser » vers les sciences, mais à construire autour d’elle un véritable bouclier anti-stéréotypes, un écosystème de soutien qui la nourrira de l’école primaire jusqu’à sa vie professionnelle.

Cet article n’est pas une simple liste de conseils. C’est le plan d’action d’une ingénieure et mentore, conçu pour vous donner les clés de cet écosystème. Nous allons d’abord comprendre l’ampleur du problème en Belgique, puis décortiquer les mécanismes psychologiques qui freinent les filles. Enfin, nous verrons comment bâtir activement ce réseau de soutien et transformer les obstacles en tremplins pour sa future carrière.

Cet article est structuré pour vous guider pas à pas, de la prise de conscience des défis spécifiques en Belgique à la mise en place de solutions concrètes et durables. Le sommaire ci-dessous vous permettra de naviguer à travers les étapes clés pour devenir une alliée efficace pour les futures scientifiques.

Pourquoi seulement 15% des ingénieurs sont des femmes en Belgique ?

Le chiffre est brutal et sans appel : en Belgique, le monde de l’ingénierie reste un bastion majoritairement masculin. Cette sous-représentation n’est pas le fruit du hasard ou d’un manque de talent. C’est le symptôme d’un problème systémique qui commence bien avant l’université. Des stéréotypes culturels tenaces aux biais inconscients dans l’éducation et l’orientation, de nombreux obstacles invisibles jalonnent le parcours des filles qui montrent un intérêt pour les matières scientifiques. Cette situation est un immense gâchis de talents pour notre société et une injustice pour des milliers de jeunes femmes.

Ce n’est pas une question de compétences. Les filles réussissent aussi bien, voire mieux, que les garçons dans les matières scientifiques tout au long de leur scolarité. Le problème réside dans la perception, l’encouragement et l’identification. Quand une fille ne voit aucun modèle féminin dans les métiers techniques, quand les conseillers d’orientation la dirigent « naturellement » vers des filières de soin ou de lettres, quand les jouets techniques sont marketés pour les garçons, un message est envoyé : « ce n’est pas pour toi ».

Cette observation est partagée par les professionnels du recrutement qui peinent à trouver des profils féminins. Comme le souligne Julide Tunali de Robert Walters, le déséquilibre est particulièrement marqué dans ce secteur :

Nous constatons un déséquilibre entre les hommes et les femmes dans tous les secteurs techniques, mais la différence n’est nulle part aussi grande qu’au sein de l’ingénierie

– Julide Tunali, Robert Walters, cité par Engineeringnet

La précision et la complexité du métier d’ingénieur n’ont aucun genre, comme le symbolise l’intrication parfaite des mécanismes ci-dessous.

Comprendre l’origine de ce chiffre n’est pas une fin en soi. C’est le point de départ indispensable pour agir. Il nous force à regarder au-delà des apparences et à déconstruire les barrières une par une, en commençant par le tout premier champ de bataille : l’esprit de nos enfants.

Comment éviter que votre fille intériorise le mythe « les maths c’est pour les garçons » ?

Le combat contre les stéréotypes commence à la maison, bien avant les choix d’orientation. Le mythe tenace que les mathématiques et les sciences sont des domaines masculins est un poison lent. Il ne s’exprime pas toujours de manière frontale, mais par des remarques anodines, des attentes différenciées ou un manque de modèles. Le plus grand danger est l’autocensure : votre fille finit par croire elle-même qu’elle est moins douée. Une enquête récente a d’ailleurs mis en lumière une statistique alarmante : une enquête relayée par Daily Science montre que plus d’1 fille sur 2 est convaincue (à tort) qu’elle sera moins performante qu’un garçon en STEM. Ce n’est pas un fait, c’est une prophétie auto-réalisatrice que nous devons briser.

Pour construire ce « bouclier anti-stéréotypes », plusieurs actions sont cruciales. D’abord, surveillez votre propre langage. Évitez les phrases comme « oh, je n’ai jamais été bonne en maths » devant elle. Vous êtes son premier modèle. Montrez-lui plutôt comment vous utilisez la logique et la résolution de problèmes au quotidien, que ce soit pour gérer un budget, suivre une recette complexe ou monter un meuble. Valorisez l’effort, pas le « don ». Dites « tu as bien travaillé pour trouver la solution » plutôt que « tu es tellement intelligente ». Cela lui apprend que la compétence se construit, elle n’est pas innée.

Ensuite, exposez-la à la diversité. Faites-lui rencontrer des femmes qui travaillent dans des domaines techniques : une amie ingénieure, une voisine informaticienne, une cousine chercheuse. Si vous n’en connaissez pas, cherchez des vidéos, des documentaires, des livres qui mettent en scène des héroïnes scientifiques. L’objectif est de normaliser l’image de la femme en science. Enfin, encouragez le jeu et l’expérimentation sans genre. Les Legos, les circuits électriques, les kits de programmation ne sont pas « pour garçons ». Ce sont des outils pour développer la pensée spatiale, la logique et la créativité, des compétences essentielles pour tous les futurs innovateurs, quel que soit leur genre.

Option sciences ou techniques : quelle orientation pour une fille douée en maths ?

Le moment des choix d’options au secondaire est un tournant décisif. Pour une fille qui excelle en mathématiques, deux voies principales se présentent souvent : les sciences « pures » et les sciences « techniques » ou « appliquées ». En tant que parent ou mentor, il est facile de se sentir perdu. Laquelle est la « meilleure » ? La réponse est simple : il n’y en a pas. La meilleure option est celle qui correspond le mieux à sa manière de penser et à ses centres d’intérêt.

L’option sciences fortes (math-sciences) est souvent perçue comme la voie royale. Elle est théorique, abstraite et se concentre sur la compréhension des lois fondamentales de l’univers (physique, chimie, biologie). Elle est idéale pour une jeune fille qui aime le « pourquoi » des choses, qui est fascinée par les concepts, qui aime la rigueur de la démonstration et qui envisage une carrière dans la recherche, la médecine, ou l’enseignement supérieur. C’est un parcours qui développe une grande capacité d’analyse et d’abstraction.

L’option sciences techniques ou appliquées est, à tort, parfois considérée comme moins prestigieuse. C’est une grave erreur. Cette voie est axée sur le « comment ». Comment construire un pont ? Comment programmer un robot ? Comment optimiser un processus industriel ? C’est la voie des bâtisseurs, des créateurs, des solutionneurs de problèmes concrets. Elle est parfaite pour une fille qui a besoin de voir le résultat tangible de son travail, qui aime manipuler, expérimenter et appliquer les concepts mathématiques à des défis réels. Elle ouvre directement les portes des études d’ingénieur industriel, d’informatique appliquée et de nombreux métiers technologiques de pointe.

Le plus important est de présenter ces deux options sans hiérarchie. Discutez avec elle : préfère-t-elle comprendre la théorie de la combustion ou concevoir un moteur plus efficace ? Est-elle plus motivée par la découverte d’une nouvelle particule ou par la création d’une application qui simplifie la vie des gens ? Le choix de l’une n’est pas un échec de l’autre, mais simplement une orientation différente de son talent pour les chiffres et la logique. Votre rôle est de l’aider à trouver le chemin où sa passion et ses compétences pourront le mieux s’épanouir.

L’erreur qui fait abandonner 40% des filles brillantes en sciences au lycée

Le lycée est une période critique. C’est là que l’on observe un phénomène déconcertant : de nombreuses filles, jusqu’alors excellentes en sciences, commencent à douter, à perdre confiance et parfois à abandonner complètement la filière. Le titre parle d’une « erreur », mais cette erreur n’est pas la leur. C’est une erreur de perception collective, un piège psychologique dans lequel elles tombent plus souvent que les garçons : le syndrome de la bonne élève et la peur de ne pas être parfaite.

Les filles sont souvent socialisées pour être studieuses, appliquées et pour plaire. Elles obtiennent d’excellents résultats en travaillant dur. Mais lorsque les matières scientifiques se complexifient, il est normal de rencontrer des difficultés, de ne pas comprendre immédiatement, de faire des erreurs. Pour un garçon, c’est souvent perçu comme un défi à surmonter. Pour beaucoup de filles conditionnées au perfectionnisme, c’est interprété comme la preuve qu’elles ne sont « finalement pas faites pour ça ». Elles confondent difficulté avec incompétence. C’est l’apparition du syndrome de l’imposteur.

Cette fragilité face à l’échec est l’erreur fatale. Au lieu de voir un ‘8/10’ comme une réussite, elles se focalisent sur les deux points perdus. Elles hésitent à poser des questions par peur de paraître stupides. Elles abandonnent un problème difficile plus vite, non par manque de capacité, mais par peur de l’inconfort de ne pas savoir. Ce phénomène a un nom : le « tuyau percé » (leaky pipeline), où les femmes disparaissent progressivement à chaque étape du parcours académique et professionnel. Comme le montrent les données, ce n’est pas qu’une impression ; ce phénomène de ‘tuyau percé’ est documenté par Sciences Po qui rappelle que, dans l’UE, alors que 45% des doctorats sont attribués à des étudiantes, seulement 30% des chercheurs actifs et 18% des professeurs titulaires sont des femmes.

L’antidote ? Changer radicalement de discours. Célébrez les erreurs comme des opportunités d’apprentissage. Valorisez la persévérance face à un problème, même si la solution n’est pas trouvée. Encouragez-la à prendre des risques, à essayer, à se tromper. Apprenez-lui que la science n’est pas une collection de certitudes, mais un processus de questionnement et d’expérimentation. En lui donnant le droit à l’imperfection, vous lui donnez l’outil le plus puissant pour une carrière scientifique durable : la résilience.

Comment trouver des mentores et réseaux pour les filles en sciences en Belgique ?

Construire un « bouclier anti-stéréotypes » ne se fait pas seul. L’un des piliers les plus solides de cet écosystème de soutien est le mentorat. Une mentore est bien plus qu’un modèle ; c’est une preuve vivante que « c’est possible ». Elle peut offrir des conseils pratiques, partager son expérience des obstacles et des réussites, et surtout, incarner un futur désirable. En Belgique, des initiatives formidables existent pour créer ce lien crucial entre les générations de femmes scientifiques.

L’une des plus actives est l’association « Elles bougent ». Née en France et désormais implantée en Belgique avec le soutien d’Agoria, la fédération de l’industrie technologique, sa mission est claire : renforcer la mixité dans les secteurs industriels et technologiques. L’association met en relation des « marraines » (ingénieures, techniciennes, chercheuses en poste) avec des collégiennes et lycéennes. Ces rencontres permettent de démystifier les métiers, de montrer la diversité des carrières possibles et de répondre concrètement aux questions des jeunes filles.

Comme le résume Maryse Colson, une des chevilles ouvrières du projet en Belgique, l’enthousiasme est partagé par les entreprises elles-mêmes :

Les entreprises sont désireuses de faire découvrir aux jeunes filles les métiers, les postes et les belles carrières que mènent de nombreuses femmes.

– Maryse Colson, Culture Manager chez Euranova, Agoria

Trouver une mentore ou un réseau de soutien n’est plus une quête solitaire. C’est devenu une démarche structurée. Des plateformes comme celle de « Elles bougent » permettent aux jeunes filles de s’inscrire pour des stages ou de participer à des événements, créant ainsi des points de contact directs et précieux avec le monde professionnel. Votre rôle est d’être le catalyseur : identifiez ces réseaux, encouragez votre fille à participer et accompagnez-la dans ses premières démarches.

Plan d’action : Utiliser le réseau « Elles bougent » pour trouver une mentore

  1. S’informer et s’inscrire sur les plateformes dédiées comme celle de « Elles bougent » pour les stages ou les événements.
  2. Participer aux événements pour découvrir les secteurs (énergie, numérique, transports…), les métiers et les formations via le témoignage direct des marraines.
  3. Préparer des questions concrètes sur le quotidien du métier, les défis et les satisfactions, au-delà des simples questions sur les études.
  4. Encourager le suivi après un événement (via LinkedIn par exemple) pour transformer un contact ponctuel en une relation de mentorat durable.

Pourquoi crier sur votre enfant détruit 3 ans de construction de son cerveau émotionnel ?

Cette question peut sembler à première vue éloignée de notre sujet sur les STEM. Pourtant, elle est au cœur même de la capacité d’un enfant à apprendre et à persévérer dans des domaines exigeants. La construction d’une carrière scientifique repose sur la résilience, la curiosité et le droit à l’erreur. Or, un environnement familial où règnent le stress et la peur sape ces trois piliers à la racine.

D’un point de vue neurologique, lorsque vous criez, le cerveau de votre enfant entre en mode « survie ». Le cortex préfrontal, responsable de la logique, de la résolution de problèmes et de l’apprentissage complexe, se déconnecte. Le cerveau reptilien, axé sur la peur et la réaction, prend le dessus. Un enfant en état de stress chronique ne peut tout simplement pas apprendre efficacement. Il ne peut pas prendre le risque intellectuel de se tromper en résolvant une équation complexe s’il a peur de la réaction émotionnelle de l’adulte. Chaque cri est une leçon qui lui apprend que l’échec est dangereux.

Créer un environnement de sécurité psychologique est donc une condition sine qua non pour cultiver un esprit scientifique. Cela signifie que lorsque votre fille bloque sur un devoir de maths, votre rôle n’est pas de lui donner la réponse, ni de vous énerver de sa « lenteur », mais de rester calme et de la guider. Posez des questions : « Qu’est-ce que tu as compris ? », « Où est-ce que tu bloques ? », « Essayons une autre approche ». Votre calme lui transmet un message puissant : « Je crois en ta capacité à trouver la solution, et je suis là pour te soutenir dans le processus, même s’il est difficile. » C’est en construisant cette sécurité émotionnelle que vous bâtissez son « capital confiance », une ressource indispensable pour affronter les défis des STEM.

Pourquoi seulement 20% des postes de direction sont occupés par des femmes en Belgique ?

Aborder ce chiffre, c’est regarder la situation dans sa globalité. Encourager votre fille à devenir ingénieure est une chose, mais il faut aussi être conscient du parcours qui l’attend ensuite. Ce faible pourcentage de femmes aux postes de direction en Belgique n’est que la partie émergée de l’iceberg du « plafond de verre ». C’est la continuation logique du « tuyau percé » que nous avons évoqué plus tôt : les femmes sont nombreuses au début du parcours, mais leur proportion diminue à chaque échelon de la hiérarchie.

Les raisons sont multiples et complexes, allant des biais de promotion qui favorisent des styles de leadership traditionnellement masculins, au poids de la charge mentale et familiale qui pèse encore majoritairement sur les femmes, en passant par le manque de « sponsors » (des leaders influents qui promeuvent activement votre carrière). Dans les domaines techniques, cela peut être exacerbé par une culture d’entreprise qui valorise les heures de présence tardives ou des codes sociaux qui se jouent en dehors du bureau.

Alors, pourquoi en parler ? Pour la décourager ? Au contraire. C’est pour l’armer. Savoir que ces obstacles existent n’est pas une fatalité, c’est une information stratégique. Cela signifie que pour réussir, une femme scientifique ne doit pas seulement être excellente sur le plan technique. Elle doit aussi, et c’est là que votre soutien précoce est crucial, développer d’autres compétences : l’intelligence politique (comprendre les dynamiques de pouvoir), la négociation (de son salaire, de ses projets, de ses promotions) et le networking stratégique (construire un réseau d’alliés).

Préparer votre fille aux STEM, ce n’est pas seulement lui apprendre à coder ou à résoudre des équations. C’est aussi lui apprendre à prendre la parole en public, à défendre ses idées, à construire des alliances et à avoir confiance en sa valeur. C’est en lui donnant ces outils dès le plus jeune âge que vous lui donnerez les moyens de ne pas devenir une statistique de plus, mais de faire partie des 20% qui brisent le plafond, et, espérons-le, de celles qui feront augmenter ce chiffre pour la génération suivante.

À retenir

  • Le faible nombre de femmes en STEM en Belgique n’est pas un problème de compétence, mais le résultat de stéréotypes et de biais systémiques.
  • La lutte contre les préjugés commence dès le plus jeune âge en valorisant l’effort sur le « don » et en créant un environnement de sécurité psychologique.
  • Les réseaux de mentorat belges comme « Elles bougent » sont des outils concrets et essentiels pour fournir des modèles et un soutien tangible.

Comment construire une carrière scientifique durable malgré le sexisme ambiant ?

Nous avons vu les obstacles, des stéréotypes de l’enfance au plafond de verre professionnel. La question finale est donc la plus importante : comment faire, concrètement, pour naviguer dans cet environnement et y construire une carrière épanouissante et durable ? Le sexisme ambiant est un fait, mais la passivité n’est pas une option. Il existe des stratégies proactives pour transformer ce parcours du combattant en une trajectoire de succès.

Premièrement, choisir ses batailles et son environnement. Toutes les entreprises ne se valent pas. Avant d’accepter un poste, elle devra apprendre à enquêter sur la culture d’entreprise. Combien de femmes y a-t-il au conseil d’administration ? Quelles sont les politiques de congé parental ? Y a-t-il des réseaux de femmes en interne ? Les données Eurostat de 2024 révèlent que si l’UE compte 41% de femmes scientifiques et ingénieures, leur représentation n’est que de 22% dans le secteur manufacturier contre 46% dans les services. Cette statistique montre que certains secteurs sont plus avancés que d’autres, une information clé pour orienter ses choix de carrière.

Deuxièmement, ne jamais arrêter de construire son réseau. Le mentorat est crucial au début, mais il évolue. Elle devra trouver non seulement des mentores (qui donnent des conseils) mais aussi des sponsors (qui utilisent leur pouvoir pour créer des opportunités). Ce réseau doit être diversifié, incluant des femmes et des hommes, à l’intérieur et à l’extérieur de son entreprise. C’est son assurance-vie professionnelle.

Enfin, elle doit devenir elle-même une partie de la solution. Une fois qu’elle aura une position, même modeste, elle aura le pouvoir de changer les choses : en devenant marraine pour une association comme « Elles bougent », en s’assurant que les processus de recrutement sont équitables, en donnant de la visibilité au travail de ses collègues féminines. C’est en créant ce cercle vertueux que l’écosystème de soutien devient auto-entretenu. Chaque femme qui réussit et qui tend la main à la suivante ne fait pas que construire sa propre carrière ; elle pave la voie pour toutes celles qui suivent.

Pour bâtir une carrière solide, il est indispensable de maîtriser les stratégies permettant de naviguer dans un environnement complexe.

La mission est claire : il ne s’agit pas d’attendre que le monde change, mais de donner à nos filles les outils, la confiance et le réseau nécessaires pour qu’elles deviennent les agentes de ce changement. Le premier pas commence aujourd’hui, avec vous. Commencez par ouvrir le dialogue et explorer ensemble les ressources disponibles.

Rédigé par Marie Vincent, Éditrice de contenu spécialisée dans les violences de genre, les dispositifs de protection des victimes et l'égalité dans l'éducation. La démarche consiste à recenser les ressources d'aide en Belgique, analyser les parcours judiciaires et déconstruire les stéréotypes limitant les choix d'orientation. L'objectif : informer sur les recours disponibles, briser le silence sur les violences et ouvrir les perspectives éducatives des filles sans injonction.